La légalisation du cannabis en France pourrait bien intervenir. Deux députés, respectivement La France insoumise et Ensemble pour la République, ont émis cette hypothèse à l’issue d’un travail commun sur les narcotrafics dans l’hexagone.
Une légalisation « à la française » ?
Paris, le nouvel Amsterdam ? C’est en substance ce qui est envisagé et envisageable d’après les députés Antoine Léaument (LFI) et Ludovic Mendes (ER) qui remettent ce lundi un travail de quelques 17 mois sur la lutte contre les trafics de stupéfiants. Tandis qu’ils font le constat accablant d’une hausse démentielle des consommations et d’une justice trop punitive pour les habitués ; « Cela fait 30 ans que l’on explique que le consommateur de drogue est un délinquant, complice du trafiquant, qu’il a du sang sur les mains. Ça n’a jamais rien changé. On a une hausse permanente de la consommation de drogues dans le pays. La consommation de cocaïne a été multipliée par deux en dix ans. Environ 3 millions de personnes ont expérimenté la MDMA et 750 000 personnes en ont un usage régulier. » ; l’ambition d’une légalisation contrôlée en bonne et due forme, est une des pistes de ce rapport, qui sera proposée à l’ensemble de l’hémicycle dans les mois à venir.
Vers un assouplissement pour toutes les drogues ?
D’après le rapport de Léaument et Mendes, cette légalisation serait « à la française ». En sous-texte, l’idée ne serait pas d’imiter dans les pratiques légales, certains pays l’ayant déjà dépénalisé comme l’Allemagne. Les députés proposent la création d’une instance qui serait chargée d’attribuer des licences à tous les exploitants de ce marché, ainsi que la mise en place de « clubs cannabiques ». Ils stipulent également que cette législation ne concernera pas que le cannabis, mais également certaines drogues dures, telle que la cocaïne qui serait dépénalisée en dessous de 3g, et amendée entre 3 et 6g. Face aux lots de critiques qui risquent de pleuvoir sur l’ambitieux texte de Léaument et Mendes, ce dernier se défend en appelant aux questions de santé publique, « Le Portugal a connu de gros problèmes de consommation d’héroïne. La dépénalisation des usages a permis de bien meilleurs résultats en termes de santé publique, du fait d’une meilleure prise en charge, et parce que les personnes avaient moins peur de se faire accompagner. » Évoquant ainsi, la lutte contre la corruption inhérente à ce secteur, ce rapport pourrait-il changer les choses dans la lutte contre les narcotrafics en France ?