9 mois. Après 9 mois d’une cavale où les enquêteurs français mais aussi internationaux piétinaient, l’issue est là. Mohamed Amra a été interpellé ce samedi à Bucarest, capitale de la Roumanie. Récit de cette capture.
Notice rouge d’Interpol ?
Le 14 mai dernier, Mohamed Amra est transféré dans un camion pénitentiaire du tribunal correctionnel de Rouen vers Evreux, où se situe sa cellule. Jugé pour de multiples affaires, il est notamment accusé de vols aggravés, de cambriolages ainsi que pour son lien dans l’assassinat d’un homme à Marseille. Cependant, après le péage d’Incarville, le transfert de « la Mouche » prend une tournure internationale. En effet, à la sortie de ce péage, des hommes cagoulés et armés ouvrent le feu sur les agents pénitentiaires présents dans le véhicule, causant la mort de deux d’entre eux. A l’issue de cette fusillade, Mohamed Amra est exfiltré et disparaît dans la nature avec les hommes. Rapidement qualifié « d’ennemi public numéro 1 » par l’ancien ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, la traque de ce fugitif devient alors une affaire internationale avec la notice rouge émise par Interpol qui permet aux policiers des pays membres de collaborer pour retrouver rapidement un individu extrêmement dangereux.
En Roumanie avant un départ pour la Turquie ?
Tandis que d’importants dispositifs policiers français ont été mis en place à l’issue de la fuite d’Amra, c’est bien la « politia » roumaine qui l’a arrêté. D’après nos premières informations ce coup de filet aurait été la conséquence d’une dénonciation d’un chirurgien qui devait opérer Mohamed Amra dans l’optique de lui faire changer d’apparence. Il avait déjà teint ses cheveux et ambitionnait de rejoindre la Turquie afin de subir des opérations et greffes dans l’optique de ne plus être retrouvé. Actuellement aux mains des forces de l’Ordre roumaine, il va être placé dans un établissement pénitentiaire aux conditions très strictes à l’issue de son procès et devrait rejoindre le territoire français dans un maximum de 8 semaines. Déjà condamné à 15 reprises, il risque la prison à perpétuité incompressible en raison du lien avec la mort d’agents d’État et d’une très longue cavale. Le premier ministre, François Bayrou, s’est réjoui hier de cette capture, « Magnifique succès de notre police nationale. Au terme d’une traque de plusieurs mois, Amra a été arrêté, enfin! Professionnalisme au sommet et ténacité inlassable méritent notre gratitude. Et cela a été fait au nom des victimes, des familles et au nom de la France. Merci à tous. » Bien que cette arrestation montre l’efficacité des collaborations internationales, quid de Xavier Dupont de Ligonnès ?