Jugée pour le meurtre de la petite Lisa, décédée après avoir ingéré un déboucheur chimique à la crèche People & Baby de Lyon, Myriam Jaouen a reconnu avoir volontairement administré le produit à l’enfant. Lors de l’audience du mercredi 2 avril, l’accusée a reconnu avoir versé le liquide dans la bouche de la fillette alors qu’elle pleurait de manière insistante. Elle a expliqué avoir été « énervée » par les cris et souhaité « la faire taire », comme l’a rapporté France 3. 

« La souffrance, c’est de choisir un cercueil pour son tout petit bébé »

Elle a fini par détailler son geste, admettant avoir tenu la tête de la petite Lisa pour lui faire avaler le liquide corrosif. Ces déclarations sont venues contredire ses premières versions, dans lesquelles elle évoquait un accident impliquant de la peinture. Interrogée sur l’absence de réaction immédiate, elle concède ne pas avoir alerté les secours, préférant effectuer des recherches en ligne. Ce comportement, qualifié d’inhumain par l’accusation, a profondément choqué les parties civiles.

Les parents de Lisa ont livré un témoignage bouleversant. Sa mère a pris la parole pour dénoncer la « monstruosité » de l’acte, refusant que sa fille soit réduite à « un bébé empoisonné à la crèche ». Elle a dénoncé le recours au terme « souffrance » pour désigner la situation de l’accusée, rappelant la sienne : « La souffrance, c’est de choisir un cercueil pour son tout petit bébé. » Ils ont également exprimé leur colère contre la gestion de la crèche. La directrice de l’établissement a reconnu une « erreur de recrutement », admettant que Myriam Jaouen n’était pas à l’aise avec les enfants et manquait d’expérience. Le groupe People & Baby, déjà mis en cause à l’époque des faits, n’est toutefois pas juridiquement responsable dans cette affaire.

Le profil troublant de l’accusée

Les experts psychiatres décrivent Myriam Jaouen comme une jeune femme fragile, immature et peu empathique. Selon eux, elle souffre de limitations cognitives et affectives et présente une tendance à l’affabulation. Bien qu’elle ait suivi une formation dans la petite enfance, son comportement vis-à-vis des enfants était jugé inadapté. Lors des débats, elle a multiplié les versions des faits. Finalement, elle a reconnu avoir tenu fermement la tête de Lisa pour lui faire ingérer le liquide caustique. Elle a exprimé ses regrets tout en affirmant n’avoir pas réalisé la gravité de son geste sur le moment. « Ce n’est pas dans mes habitudes », a-t-elle déclaré.

Le tribunal a également écouté deux enregistrements. Le premier, un appel aux pompiers, révèle les hurlements de douleur de la petite Lisa. Le second, l’appel de l’accusée au centre antipoison, dévoile une version entièrement inventée par Myriam Jaouen : elle y décrit une fausse scène d’accident impliquant de la gouache, avec une grande précision et un ton assuré. Ces éléments ont mis à mal sa défense, basée sur la panique.

Le verdict est attendu jeudi 3 avril. L’accusée encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Ce drame, survenu en juin 2022, continue de susciter une vive émotion et pose une nouvelle fois la question de la sécurité dans les structures d’accueil de la petite enfance.

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